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Dimanche 15 octobre 2006
Jean-Baptiste Grenouille, galopin né et abandonné parmi les détritus du XVIIIème Siècle, dans un Paris sordide où misère et puanteur font bon ménage. Sauvé de justesse d'une mort certaine, Jean-Baptiste a un don de naissance, un odorat sensationnel, un nez qu'il affutera de son orphelinat misérable, à l'immonde tannerie jusqu'à l'échoppe de Guiseppe Baldini, célèbre parfumeur passé de mode. Ce don lui permet de reconstituer des parfums, d'améliorer des essences, et de refaire la fortune de son maitre.
Mais au délà de la connaissance, de la fabrication, Grenouille veut apprendre à conserver les odeurs. Surtout celles de jeunes-filles ... débute la quête de fragances, d'un assassin démuni de toute humanité et de raison. Un meurtrier au caractère autiste.
Tom Tykwer (Cours Lola, cours) s'attaque à un succès de librairie vendu à des milliers d'exemplaires. L'enjeu d'une telle adaptation peut confirmer ou démolir une carrière. Pitoff lui-même, au cours d'une interview au sujet de Vidocq (été 2003) semblait sceptique quant à ce type d'exercice qu'il jugeait assez périlleux. Le film suit bien l'ouvrage, rendant compte de l'aspect davantage sensoriel que psychologique car notre Grenouille n'est guère bavarde ...
C'est à Ben Whishaw (Layer Cake) qu'incombe le nez du meurtrier qu'il campe dans la nuance : passionnel et renfermé, délicat et dangereux, discrêt et dominateur. Prédateur affamé d'odeurs, il sème les cadavres partout sur son chemin, de Paris à Grasse; rien n'arrête cet homme déterminé à atteindre la perfection, et le contrôle des hommes qui en découle. Cet acteur, quasi-muet et jamais souriant, campe efficacement ce Jean-Baptiste Grenouille. Un détail : je lui ai trouvé beaucoup de charme alors que, si mes souvenirs sont bons, il était supposé être laid. Mais puisque nous en sommes à parler de laideur et donc de beauté, coup de projecteur sur une ravissante jeune actrice, Rachel Hurd-Wood (Peter Pan). Personnage pivot mais mais en pointillé je tenais juste à souligner la présence de cette toute jeune comédienne de 16 ans qui insuffle grace, beauté et beaucoup de fraicheur, contrastant avec l'obscurité et la noirceur du film
A noter Dustin Hoffman en un Baldini grandiloquent et Alan Rockman en un dévoué père, Antoine Richis.
Malgré la longueur, près de 2H30, des longueurs, trop d'ellipses à mon sens amenant à des scènes stupéfiantes (comment Grenouille peut-il lire des étiquettes alors qu'il sort à peine d'un orphelinat crève-la-faim, et qu'il parle depuis peu?), le film est un assez bon thriller basé sur l'accélération, entre effroi et découverte. Un film qui marque.
Par Solène LE HIRE - Publié dans : CINEMA
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