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Critiques de films de cinéma, de concerts, de musique, de sorties, tous mes coups de coeur culturels.

Bonne visite!
Solène

Mercredi 13 avril 2005

   I shall never forget the week-end Laura died… Ainsi débute le chef d'œuvre d'Otto Preminger.

Qui a assassiné la ravissante Laura Hunt (Gene Tierney) ? L'inspecteur Mark McPherson (Dana Andrews) enquête au sein même de l'entourage de la victime : se pourrait-il que l'assassin soit Waldo Lydecker (Clifton Webb), célèbre chroniqueur et pygmalion fou amoureux de Laura? Ou s'agit-il de son fiancé Shelby Carpenter (Vincent Price) ou encore de sa tante (Judith Anderson), ancienne maitresse de Carpenter ? Quant au détective, il est complètement subjugué par le portrait de Laura qui trône dans le salon de la jeune-femme.
Un soir, alors que Mc Pherson reste à l'appartement, Laura apparaît… alors qu'elle est tenue pour morte !
Ce film, tourné à huis-clos, pourrait s'envisager sous deux angles : l'enquête à proprement parlé. Il s'agit d'élucider un assassinat en tenant compte de la fantômatique Laura. Otto Preminger a fait de " Laura " un film noir : un détective privé, chapeau vissé sur le crâne, cigarette et imperméable, il grossier ; une victime très belle. L'action se déroule en intérieur (déco absolument abominable) et l'intrigue est assez complexe, notamment servie par des flash-backs et la voix off de Waldo Lydecker. " Laura " appartient au même genre que " Le Faucon Maltais " ou encore " La femme au portrait ".
Et puis ce film, c'est également un drame psychologique unissant et descellant les destins des protagonistes : tout le monde aime mais n'est pas aimé en retour. Et le film de s'achever sur une note mélancolique lorsque l'assassin meurt, après avoir prononcé " Laura… my love ". Voilà un happy end made in Hollywood : la mort du méchant n'est autre qu'une salutaire expiation permettant in extremis de garder la morale sauve.
C'est probablement ce film qui a conféré à Gene Tierney son statut de star. Je pense que l'on peut parler de mythe car le film, tel qu'il est construit, nous présente un personnage fantasmagorique. Pour créer Laura, Preminger a recours à l'absence. Dans la première partie du film, on découvre une Laura Hunt au travers les flash-backs de son pygmalion. On assiste à sa métamorphose, de la jolie petite employée à la déesse qu'elle semble être devenue. Au terme d'une assez longue introduction, la star tant attendue apparaît. Il ne s'agit plus d'un souvenir mais de la vraie Laura qui se tient debout, près de Mc Pherson assoupi sous son portrait. Nous découvrons une femme magnanime et tout à fait réelle. Avec une telle exploitation de l'absence, comment ne pas penser à " Rebecca " et à " Vertigo " d'Hitckcock lequel n'a pas hésité à mettre en scène des personnes invisibles. Dans le premier cas, une jeune femme vit avec le fantôme de l'ancienne épouse de son mari, morte dans d'étranges conditions (à noter la présence de Judith Anderson également dans ce film). Dans le second cas, le réalisateur fait du fantôme de Carlota Valdez l'un des personnages clefs de son oeuvre.
A travers ce film, Preminger traite aussi du mythe d'Eros et Thanatos, l'amour la mort… L'assassin (dont jamais je ne divulgue l'identité) tente plus d'une fois de tuer Laura par amour, de peur de la perdre et finit par mourir. Comment ne pas songer à la " Loulou " de Pabst incarnée par la très controversée Louise Brooks. Effectivement dans les deux cas, l'amour engendre la mort mais je pense que le parallélisme s'arrête là ; Laura suit son destin, elle évolue et son charme attire les prétendants alors que Loulou n'est en rien ce type de femme. Manipulatrice dévoyée, elle crée son destin et forge funestement celui de ses victimes.

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

   " Ma vie, mon œuvre " cette formule en fera sourire plus d'un et je vous l'accorde, elle est assez triviale. Et pourtant, elle résume bien Frida , le film de Julie Taymor, vibrant hommage à Frida Kahlo.

La vie de l'artiste mexicaine nous apparaît aussi riche et symbolique que les fresques de son époux, Diego Rivera. Nous suivons pas à pas sa carrière de peintre, depuis cet accident de car dont elle se sort miraculeusement, jusqu'à sa mort. En caméra subjective, on assiste aux premières peintures de Frida, à sa rencontre avec Rivera, à leur engagement politique et sa liaison avec Trotski, à leur ascension et à leur déchéance, à leurs déboires conjugaux, à la maladie qui ronge progressivement Frida… mais je crois qu'il faut surtout retenir le destin de cette femme d'exception, visionnaire et dotée d'un charisme extraordinaire.
Ce film n'est pas un documentaire sur la vie du couple Frida Kahlo / Diego Rivera ni une quelconque restrospective de leurs œuvres. Ce n'est pas non plus une romance bourrée de clichés genre " Bon baiser du Mexique ". Cette toile est un vrai chef d'œuvre servi par une palette de talentueux acteurs. Salma Hayek campe admirablement bien Frida, espiègle, rebelle et engagée. La ressemblance passe même par les sourcils (à la Emmanuel Chain). Elle est merveilleuse ! Alfred Molina incarne Diego Rivera et pas mal d'autres acteurs comme Ed Norton, Aslhey Judd, Antonio Banderas font quelques apparitions.
A tout moment du film, certaines toiles autobiographiques reprennent vie et il devient difficile de dicerner la réalité de la fiction. Le traitement de l'image offre de très belles séquences, souvent graves mais hautes en couleurs. Après tout, ça retrace l'existence d'une artiste ! il y notamment une séquence montage sur New-York carrément surréaliste que vous devriez tous apprécier !
Ceux qui ont vu Evita trouveront quelques similitudes : caractères forts, engagement politique, maladie mais Frida qui n'est pas une comédie musicale est bien plus intense. Et puis Salma Hayek est bien plus poignante et authentique que Madonna.
Il y a bien logtemps que je n'avais pas vu un tel film et j'admets avoir versé quelques larmes !

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

   Il était une fois… voici les 4 mots merveilleux, formule magique pour accéder au royaume des fées. Ainsi commence le sublime film de Jean Cocteau réalisé en 1946, La Belle et la Bête.

J'ai décidé de vous parler de ce chef d'œuvre car La Cité de la Musique a eu une idée de génie. Elle l'a métamorphosé le temps de 3 séances seulement en film-opéra sous la baguette de Philip Glass. Les dialogues se sont transformés en réplique lyrique avec des chanteurs sous l'écran. C'était la première fois que j'assistais à un tel spectacle et la magie était à l'écran et dans la salle. La Cité de la Musique réitère l'expérience avec Nosferatu le vampire, l'œuvre de Murnau. Pour info, les séances auront lieu le samedi 8 et le dimanche 9 février. Comme j'ai adoré revoir La Belle et la Bête, en voici un petit commentaire et j'espère que vous aurez envie de (re)découvrir ce très beau film !
Il était une fois un marchand ruiné. Il était père de 3 filles et d'un garçon. Un jour, le marchand dû partir pour affaire et demanda à ses filles ce qu'elles désiraient. Deux d'entre elles qui étaient frivoles et capricieuses demandèrent toutes sortes de présents tandis que la dernière qui étaient très douce, Belle, demanda une rose. Sur le chemin du retour, le père s'égare et pénètre dans une mystérieuse demeure…
Ce film est magnifique. D'un point de vue plastique, Cocteau qui est à la fois peintre et écrivain participe pleinement à la création du film et en fait une œuvre artisanale au sens noble du terme. Poète, il abolit les codes de la vraisemblance et offre à l'imaginaire toute crédibilité. Cocteau a le génie de reprendre la sémantique du rêve et de la magnifier en y ajoutant la poésie. Pour créer son monde, il reprend les composantes du conte et fait preuve d'une extraodinaire inventivité afin qu'il devienne pleinement féérique. Les objets sont des métaphores, les chandeliers sont tenus par des bras sortant directement des murs. La cheminée est animée et à chaque extrémité se trouve un visage. Chacun ressemble étrangement aux auto-portraits de Cocteau, figure immobile, regard fixe et pénétrant. Peut-être est-ce la volonté du réalisateur de jouer aux côtés de son ami Jean Marais car l'œuvre recèle quelques allusions homosexuelles à en constater les statues à l'entrée du château. C'est pour le moins inhabituel de voir des sculptures style antique d'hommes nus dans un conte de fées ! Jean Cocteau fait l'éloge de la jeunesse et de la beauté en métamorphosant Belle, incarnée par Josette Day, en princesse. Il la dote de fantastiques robes et atours. Quant à Jean Marais qui porte un extraodinaire maquillage de monstre, il se métamorphose en sublime prince charmant !
Le film est également très riche en références. Comment ne pas penser aux mythes de Psyché et de Dracula qui ne font que reprendre celui d'Eros et Thanatos. Mais ici Cocteau offre à l'amour l'éternité et le film s'achève même sur une métaphore aussi mystérieuse qu'érotique puisque la Belle et son prince charmant s'envolent dans les airs… ce film ne va pas sans faire penser à Qui a assassiné le Père Noêl ?, tourné à la même période. Des cinéastes s'inspireront de l'œuvre de Cocteau, Polanski par exemple. Dans Le Bal des Vampires sorti en 1972, l'intrigue se passe dans un angoissant château des Carpate, ressemblant à celui de la Bête. Nombre de réalisateurs se sont essayés aux contes de fées mais ne fait pas rêver qui veut. J'ai récemment vu une misérable adaptation de Cendrillon avec une Cendrillon made in America campée par Drew Barrymore, une marâtre échappée d'un quelconque Dallas interprétée par Angelica Houston…
RDV le mois prochain pour frissonner de peur ?

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

   Les histoires d'Amour finissent mal, en général ... tel pourrait être l'intitulé du dernier film de François Ozon (Huit Femmes, Sous le sable, Swimming-Pool).

5X2 retrace une histoire amoureuse, celle de Marion (Valéria Bruni-Tedeschi) et Gilles (Stéphane Freiss). Une histoire à rebours qui commence par la rupture et se termine par la rencontre. Le film est composé de 5 parties, chacune vécue par le couple. Pour passer rétroactivement d'une scène à l'autre, le réalisateur se sert de chansons ritales comme transition. C'est l'occasion de (re)découvrir des classiques tel que le magnifique "Sparing Parners" de Paolo Conte.

Ozon autopsie un couple lambda, mettant les chaires à nue, extirpant les rancoeurs et les doutes, révélant les non-dits et les fantasmes. A travers 5 moments importants, le réalisateur dépeint l'indifférence, la violence (la scène de la sodomie), l'espoir, l'incertitude, l'amour, la passion dans le couple. François Ozon place la femme sur un piedestal, faisant de Marion une femme pure et humaine tant pas son caractère(sensible, touchante, fragile mais tellement digne) que par son physique (la blancheur de la peau). En revanche, il en est autrement pour l'homme. Gilles est dépeint comme quelqu'un d'incertain, absent, potentiellement violent et un poil lâche.

C'est justement l'occasion de parler des acteurs, absolument admirables tant par leur jeu que par leurs jeux que par leurs carrismes. Il faut dire que Valéria Bruni-Tedeschi (Il est plus facile pour un chameau ...) incarne bien l'idée qu'on peut se faire de la femme moderne, sans tomber dans la caricature. Son personnage, Marion est sensible, dévouée à son couple malgré un travail qu'on suppose prenant. Elle est
aussi maman et j'ai trouvé la scène de la lecture à son petit garçon très touchante, renforçant la tendresse qu'on a pour elle. En revanche, Stéphane Freiss (Chouans!) se coltine le rôle de l'époux nettement moins enviable : incertain, doutant de lui, traitre, jaloux et pas très marrant. Aussi différents puissent être les protagonistes, ça marche. François Ozon a tout de suite vu que le couple Freiss-Bruni collait, que l'alchimie rendait crédible la fiction. Et pour rendre le film d'autant plus vraisemblable, les acteurs ont du se soumettre à un régime pour rajeunir leurs silhouettes. Ca ne va pas sans faire penser à Monster dans lequel la gracieuse Charlize Theron s'enlaidissait en prenant 15 kg.

C'est un film très vivant sans être bavard. Et surtout à aucun moment on ne sombre dans le mélo. Kleenex sec garanti à la sortie!

5X2 est un très beau film, intimiste et paradoxale puisque ça commence par une rupture et ça se termine
par une rencontre, sauf que c'est à l'envers. Enfin,
pour être sur de remettre le film dans le bon ordre, il faut le voir!


Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

 

   Super héro est un vrai job à temps plein si bien que le jour où Bob Parr, alias Mr Incredible, tombe en disgrace, la vie devient morne. Et sa femme Hélène, ex-Elastigirl s’habitue à son quotidien de femme au foyer.

Pourtant un jour, Mr Incredible se voit confié une mission top-secret. Bravera-t-il l’interdiction de redevenir un super héro pour se lancer à l’aventure ? A-t-il même encore l’étoffe d’un héro ?

                                                    

Un an après Le Monde de Némo, revoilà le tandem Pixar/Disney dans les salles avec une animation sur les héros de BD. Les deux géants demeurent toujours dans le registre de l’imaginaire comme Toys Story, 1001 Pattes ou encore Monstre & Cie. Cependant réaliser un film sur les super héros donne-t-il un super film pour autant ?

 

Le film ressemble furieusement à un pastiche de James Bond, Super Héro à lui tout seul. Jugez-en par les équipements très spéciaux préparés par Edna Mode, une sorte de « Q » féminin un tantinet mégalo comme nombre d’artistes. Le tout sur un swing très jamesbondien accompagnant les folles aventures de nos sauveurs du monde. Et puis surtout Les Indestructibles est une parodie des films de genre à la gloire de Bat Man, Spider Man, Cat Woman ou encore Dare Devil.

 

Encore une fois les studios Pixar recrée un monde virtuel plus vrai que nature, montrant une maîtrise du cinéma d’animation, et présageant aussi de succès à venir …

 

Toute fois, au delà de l’animation et de la pantomine, le film se révèle être conventionnel et prévisible. Où est passé l’humour aussi toxique que les pets de Schrek, les allusions décapantes de Némo? Le film démarre poussivement avec une intrigue qui m’a semblée bien mince et très vite, j’ai sombré dans un ennui soporifique …

 

Néanmoins devant l’unanimité de la critique, je m’incline car film remporte un Super Succès !

 

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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