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Critiques de films de cinéma, de concerts, de musique, de sorties, tous mes coups de coeur culturels.

Bonne visite!
Solène

Mercredi 13 avril 2005

   Noir, jaune et rouge. Noir et jaune, couleurs de " la Mariée ". Rouge comme le sang, c'est l'empreinte qu'elle laisse.

Laissée pour morte le jour de son mariage, une jeune femme (Uma Thurman) se réveille après 4 années de coma. Désormais l'objectif de la Mariée sera de se venger de ceux qui ont tenté de la descendre le jour de ses noces, tuant son mari et les invités. Enceinte au moment des faits, la perte de son enfant la stimule dans la recherche et l'élimination du clan des Vipères Assassines, sorte de commando terroriste auquel elle appartenait et dont elle s'était retirée. Sa cible ultime, c'est Bill, le chef de la bande mais pour l'atteindre, elle devra se débarrasser des autres membres.
C'est ainsi que, très méticuleusement, elle procède au grand nettoyage. Sa quête l'amène au Japon pour dégommer O-Ren Ishii (Lucy Liu), devenue entre temps la chef suprême de la mafia nippone. La séquence dans la Villa Bleue est extraordinaire. Les combats sont extrêmement violents, les chorégraphies sont superbes. L'humour cotoie des geysers d'hémoglobine et quand ça devient sérieusement insoutenable, le film passe en noir et blanc ce qui permet de mieux apprécier la chorégraphie léchée des combats. De même, à noter le combat en ombre chinoise. Pour les amateurs de petites filles japonaises en uniforme, une séquence d'une rare férocité, à couper le souffle. A son habitude, Tarantino soupoudre le tout d'une musique tantôt d'inspiration tex-mex tantôt asiatique, avec une petite prédilection pour la flûte de pan.
Pour que le film se déroule à un rythme effrené, Tarantino a recours à l'ellipse visuelle laquelle donne souvent lieu à un flash-back. Ses 2 figures permettent d'une part de comprendre le passé et d'autre part de gagner du temps, je pense notamment à la rééductaion éclaire de la Mariée (après 4 ans de coma profond, il fallait bien réapprendre à marcher pour se venger !).
Connaissant trop peu les films de Tarantino, je serai bien incapable de vous dire si ce film se situe dans la droite lignée des autres. Cependant, l'omniprésente de la musique décalée et la violence sont une garantie de la marque de fabrique !
J'ai trouvé Uma Thurman absolument merveilleuse et bluffante. Lorsqu'elle a entamé le tournage du film, elle venait d'accoucher de son secon enfant, et sa grossesse n'a en rien épaissi sa gracieuse silhouette. Elle chevauche donc sa kawa, moulée dans une combinaison jaune et noire. C'est pareil pour son survêtement bicolore, hommage aux films de Bruce Lee. Ce film est un hommage aux films d'arts martiaux qui ont inspiré Tarantino.
J'ai adoré " Kill Bill " pour l'action, l'esthétisme, l'humour et parce que j'ai réussi à supporter toutes ces effusions de sang. C'est le premier film d'inspiration asiatique que j'ai vu et j'ai tenu bon à tout ces hectolitres d'hémoglobine !!!
Hélàs, le film étant en 2 parties, je vais devoir patienter avant de reprendre les aventures de la Mariée …

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

   Une jeune fille, Katie, est retrouvée sauvagement assassinée dans un bois.

Ce meutre va réunir 3 hommes, anciens camarades de jeux. D'abord il y a Jimmy Markus (Sean Penn), le père de la victime, ancien malfrat reconverti dans le commerce de proximité. Sean Devine (Kevin Bacon) est devenu inspecteur de police, il sera chargé de l'enquête. Dave Boyle (Tim Robbins), est le plus effacé des trois. Ce drame va faire ressurgir un autre drame bien plus ancien et tenu caché. Alors qu'ils étaient enfants, deux hommes se faisant passer pour la police ont enlevé sous le regard impuissant de ses camarades Dave puis l'ont sequestré.
Tous les indices du meutre convergent vers Dave …
Voilà un film aussi sombre que superbe signé Clint Eastwood. Indéniablement, Mystic River est très noir car il aborde et entremèle plusieurs sujets graves et souvent tabous : la pédophilie, la perte de l'innocence, la culpabilité et son corollaire la présomption d'innocence, la mort et l'amour … d'un point de vue plastique, Clint Eastwood utilise des teintes automnales conférant une certaine gravité au film. De fait, la photographie du film est d'une esthétique rappelant à bien des égards Barry Lyndon de Kubrick où selon certains, chaque séquence pouvait faire l'objet d'une tableau ! Les prises de vue sont aussi magnifiques. Aériennes et légères, elles contrebalancent la tension et la gravité du film.

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

   Partie voir le dernier Woody Allen (Everything else) dont l'affiche nous vante "l'amour, les femmes, le couple, le sexe, l'infidélité etct", j'ai finalement goûté aux "sentiments" de Noémie Lvovsky.
Jacques, un médecin de campagne (JP.Bacri) et Carole son épouse (N.Baye) s'apprètent à accueillir un jeune couple. Ils vont partager leur domaine avec François (M.Poupaud) et sa femme Edith (I.Carré). Le jeune homme, lui aussi médecin sera son successeur. Peu à peu les 2 couples sympathisent jusqu'à en devenir quasi-fusionnel jusqu'au jour où Jacques et Edith deviennent amants ....
Ce film traite d'un sujet somme doute assez banal puisqu'il s'agit de l'infidélité mais il tire toute sa force de l'émotion. Tourné à huis-clos et en caméra subjective, "Les sentiments" met à nue les personnages avec réalisme et tendresse. Nathalie Baye campe une femme très éprise de son mari. Pour passer le temps - elle habite une superbe demeure perdue en pleine campagne, elle picole et fume comme un pompier, c'est d'ailleurs l'occasion d'une savoureuse séquence de ménage/nettoyage
avec l'aspirateur. Elle est un peu déjantée, très touchante. Quant à son mari, il est assez bougon, normal car c'est Bacri. C'est un médecin de campagne qui compte laisser sa clientèle à un jeune médecin. Peu à peu les 2 hommes se lient d'amitié et malgré tout, il lui vole sa femme. Perso, j'aurais aussi bien vu Jean Rochefort dans ce rôle, s'il avait été un peu plus jeune. Melvil Poupaud et Isabelle Carré jouent le rôle du jeune couple estampillé "just married". Melvil Poupaud prète son charme à François, je jeune remplaçant. C'est un homme calme, doux, très amoureux de sa femme, peut-être effacé et franchement pas excentrique mais bon ... quel charme!
Enfin, Isabelle Carré incarne sa jeune épouse. Elle est fraiche, spontanée, jolie et son insouciance rendra à Jacques sa jeunesse et son pouvoir de séduction ...
Noemie Lvovsky jongle avec les sentiments, alternant et entremêlant le bonheur, la félicité conjugale au drame et au désespoir. Ca regorge d'humour, d'amour, c'est brillant et quand bien même ça devient poignant et déchirant, on ne sombre pas dans le mélo torrent de larmes. Le film est entrecoupé de séquences musicales et chantées, originales mais hélàs un peu longues ...
J'ai vraiment aimé ce film car je l'ai trouvé très juste, aussi bien réalisé que joué. J'ai été touchée et émue. Que dire de plus?

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

 

  J'ai regardé hier sur Arte « The Hunting », la sinistre maison du diable de Robert Wise.  
J’ai plutôt bien aimé car j’ai été bluffée par le scénario et par le traitement technique. J’ai trouvé le film diablement audacieux et efficace. Audacieux par le thème du surnaturel, la mythomanie/schizophrénie et l’homosexualité féminine (super couple de la brune lesbienne et la blonde ingénue sombrant progressivement dans la folie). Et l’humour noir, quand la domestique tout de noir vétu avec ses grand sourcils noirs, répète toujours qu’elle quitte la maison avant la nuit, que si quelque chose arrive personne ne pourra rien entendre car tout le monde habite au village etc… ce qui donne lieu à une scène très amusante. Le film est très efficace car il est partiellement très sensoriel. Wise joue avec nos sens, un peu la vue, beaucoup l’ouie, l’odorat et le toucher sauf le goût. C’est relativement visuel car dans un sens on ne voit rien et dans ce cas c’est l’ouï qui vient se substituer à ce sens : c’est tout le vacarme digne de l’enfer. « Ca » marche, tape, un enfant pleurt (c’est dingue de voir comment la douce innocence de l’enfance peut être source d’angoisse). Mais par ailleurs le réalisateur filme en noir et blanc et de façon crue ses personnages, pas de visages glamoureusement floutés mais des ombres. Les visages sont expressifs : septicisme, folie, angoisse, insanité… Les personnages et le decorum m’ont rappelée « Psycho » et « Rosemary’s baby », on est loin de la débilité ambiante qu’on peut retrouver dans certains films fantastiques justifiant bien qu’il faille être idiot pour aller dans une maison hantée. J’ai été étonné que Wise n’ait pas recours à l’ellispe mais plutôt à l’inconnu via l’absence. J’ai été très très impressionnée par la façon de filmer, le jeu des caméras qui est acrobatique, ça déforme comme dans du Lynch. En revanche j’ai été moins emballée par les dialogues qui s’appauvrissent à mesure que le film avance. Et la fin est pauvre car elle me semble baclée. Je suis restée un peu sur ma faim mais ce n’est pas de la frustration quant de ne savoir si la maison était hantée ou les protagonistes de doux dingues. Enfin j’ai bien aimé et ce n’est pas loin d’une Laura ou d’une Mrs Muir…

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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Mercredi 13 avril 2005

  Lundi soir, entre Julie Lescaut et Lord Mc Crashley (cf le narnar Fantomas Contre Scotland Yard), mon coeur balance... Mon choix est fait puisque ce soir, se sera L'Auberge Rouge de Claude Autan-Lara. Juste quelques mots sur ce film...
 

Par une rude soirée d'hiver, un moine (toujours ce même Fernandel) et son moinillon trouvent refuge dans une auberge. D'autres visiteurs qui redoutaient d'être attaqués par des brigands, comptent aussi y passer la nuit. Le couple d'aubergistes est d'autant plus contents de cette escale inopinée qu'ils ont l'habitude de "garder" leurs clients, terme chaleureux indiquant qu'ils les tuent. Dans un moment de folle piété, la patronne se confesse à Fernandel. En 20 ans d'existence, plus d'une centaine de voyageurs ont été enterrés dans le jardin ou donnés aux cochons ("s'ils les aiment,
pourquoi les cochons ne les aimeraient-ils pas?"). Face à une telle confession, notre moine saura-t-il garder sa langue (muet comme une tombe) pour sauver sa peau, ainsi que celle des autres hotes?
Autant-Lara signe un vrai petit bijou alternant humour noir, suspens et burlesque. Comique de situation, comique par le jeu délibéremment excessif des acteurs et par les dialogues... car les répliques sont de vraies petites merveilles n'ayant rien à envier à la plume d'un Audiard. Le capucin arrive avec une housse richement décorée, tous s'attroupent autour de lui, interrogatifs "Voici le plus beau trésor du département, même que les riches notables ne pourraient pas se payer (l'attention monte, un trésor, suspens, qu'est-ce donc?) ... voici un morceau de tibias de St François Régis, le saint patron du Département" effectivement hors contexte, cette réplique peut sembler plate mais dans le film, la chute est réussie.
J'ai trouvé que ce film était de la même veine que l'excellent Assassinat du Père Noël de Pierre Very.

Par Sol - Publié dans : CINEMA
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